Tout homme qui réfléchit à l’évolution de l’univers ou sa
propre destinée est engagée, devrait comprendre qu’il est pris dans une lutte
gigantesque, planétaire, ou le vainqueur sera ou bien les maîtres du profit
réglé par l’ordre ou le désordre établi, ou bien les chefs des esclaves révoltés
pour arracher et rétablir par leur dignité d’hommes que le besoin contraint de
travailler mais libre de fixer par leur libre consentement les justes conditions
de leur travail. Ces propos que l’on attribuerait volontiers à un disciple de
Marx ont été écrit en réalité en 1972 par une espèce d’ecclésiastique en voie de
disparition. Auteur de la préface du Secret des guerres ou la genèse de
l’agression, un ouvrage d’Albert Norden, historien communiste de l’ex R.D.A.,
l’abbé jean Boulier, ancien professeur à la faculté catholique de droit de
Paris, était un religieux catholique qui s’interrogeait sur une hypothétique
filiation entre le message originel de l’évangile et les doctrines
d’émancipation populaire. Dépeignant sans complaisance les horreurs du rêve
américain et le marché aux esclaves de l’Europe de la liberté, paraphrasant jean
Jaurès qui clamait que le capitalisme porte la guerre en nuées, il identifiait
la culpabilité systématique du grand capital derrière tous les conflits d’un
siècle hanté par les guerres et quelques uns des pires génocides de l’histoire
de l’homme. Jean Boulier avait été formé à l’école des jésuites, un ordre
partisan de la théologie de la libération que ses détracteurs accusaient de
relayer la subversion marxiste au sein de l’église. Ses adversaires
conservateurs ne reculèrent devant aucunes compromissions pour s’emparer du
gouvernement de l’église, aussi malsaines fussent elles, reprenant l’avantage et
terrassant la dissidence.
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Deux scandales majeures de la cinquième République
prouvent que la France n’est pas différente de l’Italie dès qu’il est question
intérêts et de partage des pouvoirs Lire
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