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PARIS (AFP) - Le cardinal Jean-Marie Lustiger, juif polonais
converti au christianisme, archevêque de Paris de 1981 à 2005, est mort dimanche
à Paris, à l'âge de 80 ans, des suites d'une grave maladie.
Il est décédé à la Maison Médicale Jeanne-Garnier (XVème arrondissement), un
établissement de soins palliatifs dépendant de la fondation des Dames du
Calvaire où il avait été admis le 23 avril.
Sa mort, annoncée de source gouvernementale et confirmée par l'archevêché, a
été révélée dimanche soir aux fidèles de Saint-Germain-des-Prés à l'issue de la
messe dominicale, a rapporté un témoin à l'AFP.
Ses obsèques seront célébrées vendredi à 10H00 à la cathédrale Notre-Dame de
Paris et une chapelle ardente sera organisée la veille, de 9h00 à 22h00, dans la
cathédrale pour permettre "aux Parisiens et à ceux qui le voudront de prier près
du cardinal ou de le saluer une dernière fois", selon l'archevêché.
En octobre 2006, Mgr Lustiger avait annoncé aux prêtres et diacres de Paris
qu'il était atteint d'"une maladie grave dont le traitement a commencé". Le 31
mai 2007, il avait fait une brève apparition à l'Académie française pour
adresser ses adieux aux "Immortels". "Vous ne me reverrez pas", leur avait-il
lancé.
Sa dernière apparition en public remontait au 26 janvier 2007, quand il avait
concélébré la messe d'obsèques de l'Abbé Pierre à Notre-Dame.
"Les dernières semaines ont été plus particulièrement douloureuses et
pénibles" pour le cardinal, écrit dans un communiqué l'actuel archevêque de
Paris Mgr André Vingt-Trois, qui succéda à Mgr Lustiger en 2005.
Juif polonais converti au christianisme dont la mère était morte à Auschwitz,
Mgr Lustiger a été profondément marqué par le singulier parcours qui l'a porté à
la tête de l'archevêché de Paris.
"Pas un instant je n'oublie l'histoire que je représente", revendiquait-il en
juin 1995 lors de sa nomination à l'Académie Française en remplacement du Primat
des Gaules, archevêque de Lyon, le cardinal Albert Decourtray, autre artisan du
dialogue judéo-chrétien.
Né en 1926 à Paris dans une famille de bonnetiers consciente de ses racines
mais peu religieuse, Aaron, devenu Jean-Marie, est ordonné prêtre le 17 avril
1954.
Médiatique bien que timide, cet homme d'Eglise se sentait investi d'une
mission universelle dans l'Eglise, à laquelle il s'était adonné depuis sa
conversion à l'âge de 14 ans.
Il a été aumônier des étudiants de la Sorbonne et des grandes écoles, puis
curé de la paroisse Sainte-Jeanne de Chantal à Paris (XVIe). Nommé évêque
d'Orléans en 1979 par Jean Paul II, il devient archevêque de Paris en 1981, et
cardinal en 1983.
Auteur de nombreux ouvrages sur la foi, Jean-Marie Lustiger s'inquiétait des
dérives de la modernité tout en étant un homme d'ouverture.
Proche de la société civile, à l'aise dans tous les milieux sociaux,
intellectuel charmeur, "Juif égaré" pour les uns, "drôle de paroissien" pour les
autres, personnalité atypique, brillante, parfois rugueuse, Mgr Lustiger ne
laissait pas indifférent, provoquant, jusqu'au sein de l'Eglise, admirations ou
rancoeurs.
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