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 4 septembre 2007

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 LE MRAP PLEINEMENT SOLIDAIRE DES 7 PECHEURS TUNISIENS D’AGRIGENTE
DENONCE LES EFFETS MORTIFERES DES POLITIQUES MIGRATOIRES EUROPEENNES
DEMANDE LA RELAXE IMMEDIATE DES PECHEURS ET L’INDEMNISATION DES FAMILLES

Le 22 août dernier ont commencé à comparaître devant le tribunal
d’Agrigente (Sicile), sept pêcheurs tunisiens poursuivis par la Justice
italienne pour avoir, le 8 août 2007, « favorisé l’immigration
clandestine » (ils encourent une peine pouvant atteindre 15 ans de
prison, au titre de la loi Bossi-Fini du 12 juillet 2002) en prenant à
bord de leurs deux embarcations de pêche (le Mortadha et le Mohammed
el-Hedi) quarante quatre migrants, partis de Libye le 5 août, à la
dérive sur un Zodiac en perdition dans des vagues de plus de deux mètres
de creux où ils allaient sombrer (cinq d’entre eux se sont endormis
d’épuisement et de faim pour ne pas se réveiller). D’autres bâtiments de
pêche avaient déjà refusé de les prendre à bord, effet tragiquement
palpable des intimidations croissantes dont font l’objet les pêcheurs en
Méditerranée, sous la pression des politiques anti-migrants de l’Union
Européenne.
Le Mortadha et le Mohammed el-Hedi étaient partis de Monastir (Tunisie)
pour se livrer à la pêche traditionnelle dite du “cianciolo” (deux
bateaux d’éclairage des fonds marins et un bateau-mère, lance-filets).
Ils se trouvaient alors dans le Canal de Sicile, entre Malte et l’île
italienne de Lampedusa, rivage le plus proche au moment du sauvetage.
C’est légitimement vers ce rivage que les pêcheurs tunisiens ont
acheminé les naufragés, conformément aux prescriptions des conventions
internationales en vigueur - Convention SOLAS de 1974 pour la sauvegarde
de la vie humaine en mer et Convention SAR de 1979 sur la recherche et
le sauvetage maritime – après avoir dûment averti les Centres de
Coordination et de sauvetage (RCC) de Tunisie, de Malte et d’Italie.
Les navires de sauvetage maltais et italiens, rendus sur les lieux, n’y
ont prodigué que de simples secours d’urgence (eau, gilets de
sauvetage…), refusant de prendre à leur bord les migrants à la dérive.
Ce sont donc les embarcations de pêche qui, suivant les garde-côtes
italiens, les ont acheminés vers Lampedusa, atteint au bout de deux
heures de navigation. Parmi les rescapés, onze femmes (dont deux
enceintes) ainsi que deux enfants (l’un d’eux handicapé). Plusieurs de
ces rescapés furent jugés dans état suffisamment grave pour être
immédiatement transportés par hélicoptère à l’hôpital de Palerme.  La
chronique ne dit rien du sort de ces rescapés qui ont fort probablement
été déjà « expulsés » d’Italie à destination de leurs pays africains
d’origine ou de la Libye, pays d’embarquement où les migrants – selon
les multiples témoignages de ceux qui  y transitent – connaissent les
violences et les tortures des camps d’internement, l’exploitation
esclavagiste de leur travail et le racisme.
Après dix jours d’audience, le procès des pêcheurs - suspendu par quinze
jours de « vacances judiciaires » italiennes - ne devrait reprendre que
le 20 septembre prochain. D’ici là, les pêcheurs restent emprisonnés.
Ainsi en a décidé la juridiction qui a rejeté la demande de mise en
liberté provisoire de leurs avocats. Depuis les villes côtières de
Monastir et Teboulba, les familles des pêcheurs, privées de ce fait de
leur unique moyen de subsistance, crient leur incompréhension, leur
colère et leur désespoir.
Le MRAP
- exprime aux pêcheurs tunisiens détenus depuis le 8 août sa pleine
solidarité, demande avec force leur libération ainsi que l’arrêt
immédiat des poursuites à leur encontre, exige une juste indemnisation
de leurs familles pour le préjudice subi ;

- appelle avec force au soutien et à la signature de l’appel du Réseau
MIGREUROP ( dont il est membre) intitulé « Procès d’Agrigente : non au
délit de solidarité » (
http://www.migreurop.org/article1188.html);

- appelle à participer massivement au rassemblement de protestation
organisé par la FTCR-Fédération Tunisienne pour une citoyenneté des deux
Rives, devant l’ambassade d’Italie, 47 rue de Varenne 75007 PARIS, Métro
Varenne, vendredi 7 septembre 2007 à 18h00  et soutient les
mobilisations qui auront lieu le même jour à Agrigente et dans diverses
villes européennes ;

- se joint à la mobilisation de toutes les forces démocratiques
siciliennes, italiennes, françaises et européennes afin d’obtenir de
l’UE et de ses Etats membres
ď‚§       qu’ils remettent en cause et modifient des législations et des
politiques migratoires de criminalisation des migrants aux effets
meurtriers flagrants et indéniables,
ď‚§       qu’ils respectent les conventions internationales relatives aux
secours en mer ainsi qu’au droit d’asile dont ils sont signataires.

 

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