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LE MRAP PLEINEMENT SOLIDAIRE DES 7 PECHEURS TUNISIENS D’AGRIGENTE DENONCE LES
EFFETS MORTIFERES DES POLITIQUES MIGRATOIRES EUROPEENNES DEMANDE LA RELAXE
IMMEDIATE DES PECHEURS ET L’INDEMNISATION DES FAMILLES
Le 22 août dernier
ont commencé à comparaître devant le tribunal d’Agrigente (Sicile), sept
pêcheurs tunisiens poursuivis par la Justice italienne pour avoir, le 8 août
2007, « favorisé l’immigration clandestine » (ils encourent une peine pouvant
atteindre 15 ans de prison, au titre de la loi Bossi-Fini du 12 juillet 2002)
en prenant à bord de leurs deux embarcations de pêche (le Mortadha et le
Mohammed el-Hedi) quarante quatre migrants, partis de Libye le 5 août, à
la dérive sur un Zodiac en perdition dans des vagues de plus de deux
mètres de creux où ils allaient sombrer (cinq d’entre eux se sont
endormis d’épuisement et de faim pour ne pas se réveiller). D’autres
bâtiments de pêche avaient déjà refusé de les prendre à bord, effet
tragiquement palpable des intimidations croissantes dont font l’objet les
pêcheurs en Méditerranée, sous la pression des politiques anti-migrants de
l’Union Européenne. Le Mortadha et le Mohammed el-Hedi étaient partis de
Monastir (Tunisie) pour se livrer à la pêche traditionnelle dite du
“cianciolo” (deux bateaux d’éclairage des fonds marins et un bateau-mère,
lance-filets). Ils se trouvaient alors dans le Canal de Sicile, entre Malte
et l’île italienne de Lampedusa, rivage le plus proche au moment du
sauvetage. C’est légitimement vers ce rivage que les pêcheurs tunisiens
ont acheminé les naufragés, conformément aux prescriptions des
conventions internationales en vigueur - Convention SOLAS de 1974 pour la
sauvegarde de la vie humaine en mer et Convention SAR de 1979 sur la
recherche et le sauvetage maritime – après avoir dûment averti les Centres
de Coordination et de sauvetage (RCC) de Tunisie, de Malte et
d’Italie. Les navires de sauvetage maltais et italiens, rendus sur les lieux,
n’y ont prodigué que de simples secours d’urgence (eau, gilets
de sauvetage…), refusant de prendre à leur bord les migrants à la
dérive. Ce sont donc les embarcations de pêche qui, suivant les
garde-côtes italiens, les ont acheminés vers Lampedusa, atteint au bout de
deux heures de navigation. Parmi les rescapés, onze femmes (dont
deux enceintes) ainsi que deux enfants (l’un d’eux handicapé). Plusieurs
de ces rescapés furent jugés dans état suffisamment grave pour
être immédiatement transportés par hélicoptère à l’hôpital de Palerme.
La chronique ne dit rien du sort de ces rescapés qui ont fort
probablement été déjà « expulsés » d’Italie à destination de leurs pays
africains d’origine ou de la Libye, pays d’embarquement où les migrants –
selon les multiples témoignages de ceux qui y transitent – connaissent
les violences et les tortures des camps d’internement,
l’exploitation esclavagiste de leur travail et le racisme. Après dix jours
d’audience, le procès des pêcheurs - suspendu par quinze jours de « vacances
judiciaires » italiennes - ne devrait reprendre que le 20 septembre prochain.
D’ici là, les pêcheurs restent emprisonnés. Ainsi en a décidé la juridiction
qui a rejeté la demande de mise en liberté provisoire de leurs avocats.
Depuis les villes côtières de Monastir et Teboulba, les familles des
pêcheurs, privées de ce fait de leur unique moyen de subsistance, crient leur
incompréhension, leur colère et leur désespoir. Le MRAP - exprime aux
pêcheurs tunisiens détenus depuis le 8 août sa pleine solidarité, demande
avec force leur libération ainsi que l’arrêt immédiat des poursuites à leur
encontre, exige une juste indemnisation de leurs familles pour le préjudice
subi ;
- appelle avec force au soutien et à la signature de l’appel du
Réseau MIGREUROP ( dont il est membre) intitulé « Procès d’Agrigente : non
au délit de solidarité » (http://www.migreurop.org/article1188.html);
-
appelle à participer massivement au rassemblement de protestation organisé
par la FTCR-Fédération Tunisienne pour une citoyenneté des deux Rives, devant
l’ambassade d’Italie, 47 rue de Varenne 75007 PARIS, Métro Varenne, vendredi
7 septembre 2007 à 18h00 et soutient les mobilisations qui auront lieu le
même jour à Agrigente et dans diverses villes européennes ;
- se joint
à la mobilisation de toutes les forces démocratiques siciliennes, italiennes,
françaises et européennes afin d’obtenir de l’UE et de ses Etats membres ď‚§
qu’ils remettent en cause et modifient des législations et
des politiques migratoires de criminalisation des migrants aux
effets meurtriers flagrants et indéniables, ď‚§ qu’ils respectent les
conventions internationales relatives aux secours en mer ainsi qu’au droit
d’asile dont ils sont signataires.
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