PARIS (Reuters) - Ségolène Royal dénonce "la campagne de racailles" lancée
selon elle par la droite sur sa situation fiscale, et prône transparence et
respect des règles de moralité publique en la matière.
"La campagne qui a été lancée par l'UMP (...) est une campagne malhonnête.
Comment disent-ils déjà? Une campagne de racailles. Et ça, je ne le laisserai
pas faire", a déclaré la candidate socialiste à la présidentielle au micro de RTL.
"Je ne veux pas me laisser accuser et traiter de fraudeuse fiscale. Je trouve
cela scandaleux", a-t-elle ajouté.
Jean-Marc Ayrault, président du groupe PS à l'Assemblée nationale, a
dénoncé de son côté un "coup tordu (...) très révélateur des méthodes de
l'adversaire".
"Si notamment les amis de M. Sarkozy comptent là-dessus pour gagner c'est que
vraiment ils n'ont pas tellement confiance en eux", a déclaré le député-maire de
Nantes sur LCI.
Dans une déclaration aux agences de presse faite plus tard à l'Assemblée,
Jean-Marc Ayrault a accusé "un certain nombre de responsables de l'UMP" en
faisant circuler "des informations calomnieuses de tirer la campagne
présidentielle vers le bas".
Jack Lang, conseiller spécial
de Ségolène Royal, s'est pour sa part dans un communiqué dit "révulsé par les
méthodes de voyous utilisées par l'UMP".
HOLLANDE PORTE PLAINTE
Pour couper court aux rumeurs circulant sur son patrimoine, Ségolène Royal a
rendu public mardi l'état de ses actifs, confirmant qu'elle et son compagnon
François Hollande étaient assujettis à l'impôt de solidarité sur la fortune
(ISF).
Tout candidat à la présidentielle doit transmettre sous pli scellé la liste
de son patrimoine au Conseil constitutionnel. Elle n'est publiée qu'en cas
d'accession à l'Elysée.
L'UMP a réagi en faisant savoir que Nicolas Sarkozy était assujetti
à l'ISF depuis un an. "La polémique ne nous intéresse pas et nous ne nous
laisserons pas enfermer dans ce sujet-là", a déclaré à la presse Xavier
Bertrand, l'un des deux porte-parole du candidat de l'UMP à l'élection
présidentielle.
"Nicolas Sarkozy paie
l'ISF depuis un an", a expliqué l'autre porte-parole du candidat, Rachida Dati,
qui a précisé que le ministre de l'Intérieur et président de l'UMP rendrait
publique sa déclaration d'ISF "dans les jours à venir".
Le premier secrétaire du Parti
socialiste a porté plainte pour diffamation contre le député UMP Jacques Godfrain, le journal Le Midi libre et les
sites internet ayant relayé
des informations selon lesquelles le couple tentait d'échapper à l'ISF en
constituant une société civile immobilière (SCI).
François Hollande et Ségolène Royal possèdent ensemble un appartement de 120
m² à Boulogne-Billancourt, aux portes de Paris, et une maison dans les Alpes-Maritimes. Ségolène Royal
est également propriétaire d'un "bureau-logement à Melle, dans sa
circonscription des Deux-Sèvres.
"JE SUIS AISÉE"
Sur RTL, Ségolène Royal a donné des précisions sur
cette SCI "familiale, sans revenu et sans capital". "Cela n'a rien à voir avec
une SCI commerciale", a-t-elle fait valoir, démentant toute volonté de
dissimulation.
La création de cette société civile a été retenue "parce que nous sommes
quatre co-propriétaires. Il y a les grands-parents, deux autres personnes et moi
(...) et les banques ont demandé, pour avoir une garantie de l'emprunt, que nous
soyons constitués en co-propriété".
"Je suis aisée et je pense normal de payer l'impôt sur la fortune", a ajouté
Ségolène Royal, pour qui s'acquitter de l'ISF et représenter la gauche à la
présidentielle n'est pas incompatible.
"Je pense également qu'au bout de trente années de vie professionnelle, avoir
constitué un patrimoine en ne partant de rien - j'ai commencé ma vie en n'ayant
rien - c'est le fruit de mon travail (...) Moi qui ai été élevée à la dure, vous
le savez, dans une enfance que vous connaissez, j'ai appris ce qu'était
l'honnêteté et la vérité de la parole", a-t-elle dit.
Face aux "insinuations", la candidate socialiste n'a "pas l'intention ni de
(se) laisser faire par ces méthodes d'intimidation ni de les imiter".
"Je considère que la politique doit être propre", a insisté la présidente de
la région Poitou-Charentes,
qui veut faire émerger en France une "République du respect".