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Martyr
de son Peuple: n'oublions jamlais le Rav
Meïr Kahana; à ce jour dernier des grands
défenseurs de la véritable identité nationale
juive (!)
En
1990, assassiné qu'il fût en fait par l'entremise
de certains Services sur le sol américain
(!)
J.B.
Arnhold Tropée-Desgué Président du FPR
http://libertedepenser.info/fpr48.php
Le Rav Méïr Kahana
Aline Sultan lundi 30 avril 2007 - 08:52
Rav, écrivain, politicien et député de la Knesset, le rav Kahana fut une
personnalité controversée que beaucoup considérèrent un peu comme un prophète
pour l'analyse clairvoyante qu'il fit de la réalité israélienne, analyse qui
s'est en grande partie confirmée au fil des années. Entre autres, il considérait
que le public israélien ne se partage pas entre droite et gauche, religieux et
non religieux, ashkénazes et séfarades, mais entre les défenseurs de l'identité
juive de l'Etat d'Israël et ceux d'une identité libérale et occidentale prêts à
sacrifier l'identité juive de l'Etat d'Israël. Il était également connu pour ses
idées politiques intransigeantes à propos du «grand Israël» Il fut le fondateur
de la Ligue de Défense Juive et du mouvement «Kah»
Le Rav Méïr Kahana z.l est né à New York le 1er août
1932 dans une famille orthodoxe. Son père, le Rav Yéhezkel Schraga Kahana, était
né en 1905, à Tsfat, en Erets Israël et sa mère, Sonia, était née en Europe de
l'Est.
Adolescent, il était déjà très idéaliste. Il admirait Zeev
Jabotinsky et avait rejoint le Betar, mouvement de jeunesse sioniste. Une
caricature le représentant faisant un discours effréné face à l’assemblée
complètement vide de la Knesset (tout le monde savait qu’il avait l’intention de
monter en Israël) parut dans le livre annuel de fin d’année du lycée, dont il
était l’un des rédacteurs principaux. Ce fut un peu comme une sorte de
prédiction de l'avenir…
Le Rav Méïr Kahana étudia à la Yeshiva Mir à Brooklyn, où il reçut
son diplôme de rabbin en 1956. Parallèlement à ses études rabbiniques, il passa
une licence en Histoire et en Sciences politiques, une maîtrise en Relations
internationales et poursuivit des études de Droit à l’Université de New York.
Durant ces années, il resta très actif au sein du Bétar et du Bné Akiva (où il
fut le moniteur de Libi qu’il épousa) et exerça en tant que rav d’une synagogue.
Une des notions qui était très chère au Rav Kahana, était celle de
«Ahavat Israël» Cette notion n’était pas pour lui une «lettre morte», elle
touchait concrètement l’individu, comme ce vieux Juif isolé dans un quartier
pauvre de New York, se barricadant derrière sa porte, pour se protéger contre
les voyous antisémites de son quartier.
En 1968, le Rav Kahana fonda la Ligue de Défense Juive, afin de
protéger ces mêmes vieux Juifs pauvres qui résidaient dans les quartiers du
centre des villes des Etats-Unis et qui étaient victimes d’actes antisémites.
Ces quartiers avaient autrefois été habités par des Juifs, mais au bout d’un
certain temps, les Juifs les plus aisés avaient quitté ces quartiers pour
s’installer dans des quartiers luxueux situés en banlieues et des gens de basse
condition socio-économique avaient pris leur place. Parmi eux, il y avait des
voyous qui se mirent à persécuter et à menacer les Juifs qui étaient restés dans
le quartier. Ces Juifs n’avaient pas les moyens de se défendre. C’est alors que
le Rav Kahana décida d’organiser la jeunesse juive. Il s’adressa essentiellement
à des jeunes qui s’étaient éloignés du judaïsme et il leur inculqua la fierté
d’être Juifs, leur fit connaître la valeur du judaïsme et les entraîna à
défendre les Juifs contre les voyous.
L’impact de ces actions fut considérable. Tout d’abord, ils
atteignirent leur but : la défense physique des Juifs, mais en plus, ils
renforcèrent la jeunesse juive dans leur sentiment d’appartenance au Peuple
Juif Nombre d’entre eux finirent par monter en Israël, concrétisant de façon
naturelle l’idéal qui leur avait été inculqué au sein de la Ligue.
Les plus grands opposants de l’action du Rav Kahana au sein de la
Ligue de Défense Juive, furent les représentants des institutions juives, car il
avait étalé au grand jour leur comportement problématique en tant que
représentants des Juifs. La population juive était à l’époque la troisième en
nombre dans la ville de New York et elle comptait des centaines de milliers de
Juifs pauvres qui avaient été abandonnés par les institutions qui étaient
censées les représenter et les aider. Les dons qui étaient versés à ces
institutions servaient à toutes sortes de causes «universelles» et ils ne
bénéficiaient même pas des subventions attribuées par les municipalités, car les
institutions juives ne les représentaient pas auprès d’elles, étant trop
occupées à défendre les droits des Portoricains et des noirs…
Le Rav Kahana organisa une campagne en faveur des Juifs de Russie
et il parvint à faire prendre conscience au monde entier de l’urgence de l’aide
qu’il fallait leur apporter. Le pouvoir russe faisait pression sur les Juifs
pour qu’ils s’assimilent et pour effacer leur identité juive. Le Rav Kahana
décida de se battre pour ses frères. En résultat de sa campagne qui dura des
années, le rideau de fer finit pas s'ouvrir considérablement, des dizaines de
milliers de Juifs furent autorisés à quitter l’Union soviétique et les
persécutions du régime communiste envers eux diminuèrent grâce aux échos
qu’elles provoquaient à travers le monde.
Le Rav Kahana n'admit jamais la réaction du judaïsme des
Etats-Unis durant la Shoah. Leur silence, leur désintéressement, leur peur de
recourir à tous les moyens pour influencer la politique des Etats-Unis afin de
sauver leurs frères menacés, furent pour lui l’exemple de l’échec de la peur,
qui témoigna d’un égoïsme et d’un manque de loyauté envers leurs frères qui
finirent dans les crématoires. Il refusa de se résoudre à une telle
attitude.
«Le refus du Président Roosevelt de bombarder les chemins de
fer et d’accueillir les réfugiés juifs aux Etats-Unis, fut un crime. Mais quelle
fut la réaction des dirigeants juifs à ce crime ? Ils se gardèrent d’appeler les
cinq millions de Juifs américains à descendre dans la rue, à déclencher une
grève générale et à se soulever. Les Juifs n’étaient pas prêts à renoncer à leur
image de «respectabilité», même s’il était question de sauver la vie de leurs
frères d’Europe et ce crime ne mérita rien de plus que de faibles et
insignifiantes réactions» (Histoire de la Ligue de Défense Juive, page
82)
Dans son fond intérieur, la seule chose qui comptait, c'était :
«Et toi, qu’est-ce ce que D’. attend donc de toi ?» C’est cette voix
qu’il écoutait et non celle des politiciens et des forgeurs d’opinion
publique…. «Je suis convaincu que chaque fois qu’un Juif arrive dans le monde
du Emet, ces âmes l’interrogent : Où étais-tu lorsque nous appelions à l'aide ?
Ce sont les âmes des Juifs de la Shoah d’Europe. Celles des Juifs de Russie
poseront la même question et je veux être à même de leur répondre : J’y étais et
j’ai fait tout ce que j’ai pu» Entre autres, il boycotta les représentations
d'artistes venus se produire aux Etats-Unis dans le cadre "d'échanges culturels,
il émit des menaces à l'encontre de diplomates soviétiques en réaction à la mise
à mort de Juifs, et organisa des manifestations qui poursuivirent les diplomates
russes durant tout leur séjour.
Dans un article qui parut dans le livre "Prêtre et prophète", il
expliqua ces démarches: tout d'abord, il considérait qu'il était impératif
d'informer le public à propos du problème des Juifs de Russie et il était
convaincu qu'un problème ne peut être résolu qu'à condition que le monde en
prenne connaissance. Deuxièmement, selon lui, la situation des Juifs de Russie
n'empirerait pas, quelles que soient les actions entreprises par la Ligue et il
fallait absolument que les Juifs se trouvant de l'autre côté du rideau de fer
sachent que les Juifs du monde se soucient de leur sort, pour qu'ils ne perdent
pas espoir et qu'ils tirent du réconfort et de la force du soutien de leurs
frères juifs. Il en conclut que seule la violence projetterait la question des
Juifs de Russie à la une des journaux et c'est ce qu'il fit. Les actions de la
Ligue de Défense Juive provoquèrent une ouverture sans précédent du rideau de
fer et plus de 60 000 Juifs, dont des jeunes et des intellectuels furent
autorisés à rentrer chez eux, en Erets Israël.
Malgré sa réussite, le Rav Kahana était conscient des risques
qu'il prenait en engageant une action "anti-institutionnelle" et en ayant
recours à des méthodes non-conformistes.
En 1971, le Rav Kahana émigra en Israël. Profondément préoccupé
par l'assimilation de la jeunesse juive aux Etats-Unis, le Rav Kahana continua
d'effectuer des voyages et resta étroitement en contact avec le judaïsme
américain. Il donnait plusieurs fois par an des conférences à travers le pays,
dans les campus universitaires, afin d'inciter les étudiants juifs "à se
rapprocher du judaïsme, à monter en Israël, à être fiers d’être Juifs, à ne
jamais renoncer à leur idéal et à se battre pour le défendre"
A son arrivée en Israël, le Rav Kahana avait déjà compris que le
principal problème avec lequel l'Etat devrait se mesurer, serait son identité
juive et ce entre autres, compte tenu du fait que les citoyens arabes qui
vivaient en Israël rejetaient la définition de l'Etat en tant qu'Etat juif. Il
savait que le Peuple d'Israël était partagé entre la volonté de réaliser son
identité juive et celle de devenir un peuple comme un autre, aux valeurs
occidentales, universelles et libérales. Cette conception leur posait problème
face à la question des Arabes d'Erets Israël qui ne laissait que deux options :
ou l'on est occidental et libéral et l'on accepte l'éventualité d'annuler l'Etat
juif par des moyens démocratiques et totalement légaux, en formant une majorité
arabe qui annulera les caractères juifs israéliens de l'Etat, ou l'on évite
cette éventualité par des moyens pas tout à fait "occidentaux et libéraux"
De gauche comme de droite, la plupart des gens faisaient mine
d'ignorer le problème démographique qui s'accentuait et ils pensaient que le
problème se résoudrait grâce à la Alya massive ou en "éduquant" les Arabes et en
limitant la natalité chez eux. Aujourd'hui encore, nombreux sont ceux qui
préfèrent faire mine d'ignorer le problème et attendent que "quelque chose" nous
sauve de la catastrophe démographique. Le Rav Kahana comprit qu'il y avait là un
problème bien plus fondamental. En continuant de penser et d'agir selon des
règles occidentales et libérales, on risquait de porter atteinte à la légitimité
de la définition de l'Etat d'Israël en tant qu'Etat juif, bien avant
l'instauration d'une majorité arabe.
Ce n'est pas sans raison que le Rav Kahana lança le slogan "Ou
Kahana, ou Arafat" Rappelons qu'à l'époque, la droite dirigée par Shamir et par
l'idéologie du "Grand Israël", était au pouvoir, Arafat était banni à Tunis et
il semblait qu'il était en fin de carrière. Le Rav Kahana avait compris qu'il
n'y avait pas de demi mesure : ou l'on adhère entièrement à son identité juive,
avec tout ce que cela implique, ou l'on renonce au fondement même de notre droit
à vivre ici. Et même en parlant de hautes idées telles que "notre droit à
l'ensemble de l'Etat d'Israël", on accepte en fait Arafat, le terroriste, le
corrompu, l'ennemi, on lui reconnaît des droits égaux et peut-être même la
priorité sur Erets Israël.
Les déclarations et les actes des représentants de la droite ces
dernières années n'ont fait que confirmer l'idée du Rav Kahana selon laquelle
une idéologie de droite, nationale, passive et vide de judaïsme, ne dispose pas
des valeurs qui lui permettront de surmonter les principes de la gauche
activiste.
Dans le contexte historique et politique des années 1980, le Rav
Kahana analysait le conflit et ses origines et sa conception d'une solution par
les arguments suivants:
"Le conflit israélo palestinien est en fait un conflit judéo
arabe qui a débuté de nombreuses années avant la création de l'Etat. Dès que les
Juifs commencèrent à se regrouper en Erets Israël et à concrétiser leur volonté
de fonder une nation, les Arabes se mirent à les persécuter et à les assassiner
tout au long de l'histoire sioniste, bien avant la création de l'Etat, avant
"l'occupation" de la Judée-Samarie et avant la naissance "d'implantations"
(la tante du Rav Kahana, la mère de sa tante et trois autres proches parents
furent assassinés par des Arabes en 1937, alors qu'ils étaient en route pour
Tsfat dans un taxi, après avoir assisté à un mariage à Haïfa. Seule sa cousine
survécut à cet attentat)
"Un Arabe, en tant que tel, ne peut s'identifier à l'Etat des
Juifs. Ceux qui pensent qu'en lui donnant des droits sociaux, on réussira à
l'intégrer, méprisent sa condition en tant qu'Arabe. Vu qu'un Arabe ne peut
s'identifier au caractère juif de l'Etat, il aspirera dans un premier temps à
transformer le caractère de l'Etat en celui de l'ensemble de ses citoyens, et
dans un deuxième temps, en un état arabe, avec une identité nationale arabe.
Certains arabes tenteront d'y parvenir en ayant recours à des moyens
démocratiques et d'autres utiliseront la violence et le terrorisme. Au cours des
années, il n'y a jamais eu de rapport entre l'élévation du niveau de vie et
d'instruction des Arabes et la diminution de leur hostilité à l'égard
d'Israël" C'est justement souvent les plus instruits parmi eux, qui se
montrèrent plus hostiles.
Il y a une contradiction entre la conception selon laquelle
l'Etat d'Israël est un Etat juif où les Juifs sont majoritaires et dont la
culture est juive, un état ayant un engagement à remplir envers les Juifs du
monde (loi du retour et relations particulières avec les communautés juives du
monde) et celle selon laquelle l'Etat d'Israël est une démocratie libérale, avec
égalité totale des droits des citoyens juifs et arabes. Ceux qui considèrent que
l'ont peut joindre les deux, refusent de voir la réalité en face"
"Le fait que les dirigeants sionistes n'aient jamais affronté
le problème arabe, nous a peu à peu donné l'image de gens malveillants, ayant
une double morale et qui font obstruction à toute solution. Une situation
intermédiaire est immorale, que ce soit selon les principes occidentaux et
libéraux, ou selon les principes nationaux et juifs. Nous perdons dans tous les
sens, nous ne résolvons pas le problème et nous nous sentons perpétuellement
coupables.
Afin de résoudre le problème des Arabes en Erets Israël, il
faut avant tout que les Juifs soient profondément convaincus qu'Erets Israël est
la Terre du Peuple juif, sur laquelle seuls les Juifs ont le droit d'exprimer
leurs aspirations nationales. Les Arabes qui y ont vécu, ont vécu sur une terre
qui ne leur appartenait pas, qu'ils en aient été conscients ou pas. Si un Arabe
désire y vivre, ce sera sous la souveraineté et le caractère national juifs et
il sera considéré comme "résident étranger", disposera du pouvoir d'achat, de
protection, etc, mais n'aura pas le droit "d'expression nationale" Les Arabes
qui voudront jouir de ce droit, devront choisir un des vingt et quelques autres
états arabes dans lesquels cette nationalité s'y exprime librement"
Selon le Rav Kahana, "une terre ne définit pas l'identité des
gens qui y vivent, mais au contraire, elle est le lieu qui contient le peuple,
qui se définit selon des paramètres totalement différents. Il est donc ridicule
de prétendre que l'installation d'un individu sur un lieu géographique précis,
le pourvoit d'une identité nationale. Donc, le fait qu'un Arabe vive en Erets
Israël, ne lui octroie pas l'identité israélienne et bien entendu, ne le défait
pas de son identité arabe. Le fait d'habiter en Erets Israël n'est donc pas un
critère et il ne permet pas d'intégrer "la nation israélienne"Le seul critère
valable est donc celui de l'appartenance à la nation juive"
"L'Etat d'Israël est né et n'existe que pour la nation juive et
elle constitue le foyer du Peuple juif. Tous les enfants du Peuple juif, sans
exception, et où qu'ils soient, ont automatiquement droit à la citoyenneté dans
l'Etat juif. Ceux qui ne sont pas Juifs peuvent résider en Erets Israël, mais
sans citoyenneté et sans droit politique, jusqu'à un nombre limite qui devrait
être fixé en fonction de raisons sécuritaires de l'Etat et du Peuple juif. Aucun
état ne pourrait donner à des gens qui ne sont pas citoyens de leur pays, le
droit d'y habiter, sans fixer de limite"
"Il faudrait proposer à tous les Arabes qui habitent en Erets
Israël de s'installer volontairement dans un pays arabe, ou, si cela était
possible, dans n'importe quel autre pays au choix et dédommager tous ceux qui
accepteraient cette proposition…
Les Arabes qui rejetteraient cette proposition, devraient
prêter serment par une formule qui les engageraient à reconnaître Erets Israël
en tant que foyer du Peuple juif sous entière souveraineté juive et à
reconnaître le droit exclusif et incontestable du Peuple Juif sur sa Terre. Ceux
qui accepteraient de prêter ce serment, seraient autorisés à résider en
Israël…"
Le Rav Kahana avait un don extraordinaire pour toucher les gens
avec lesquels il s'entretenait. Son souci pour autrui, la sincérité qui émanait
de lui, lui faisaient gagner la confiance des gens. Il n'est donc pas surprenant
de constater que l'arme que ses adversaires choisirent pour le combattre et pour
combattre ses idées, fut l'exclusion et lui imposer le silence. Les "maîtres" de
la démocratie israélienne, dont les médias, les tribunaux et le système
politique, n'étaient pas prêts à exposer les idées et la personnalité du Rav
Kahana aux citoyens israéliens sans les faire passer par la censure des médias
et ce, bien qu'en général, ils étaient d'avis que "le public est mûr et qu'il
faut dont lui fournir la totalité des informations, en lui laissant le soin de
juger par lui-même" De nos jours encore, ils sont prêt à diffuser et à
écouter les propos d'ennemis de l'Etat et même d'individus qui ont assassiné des
citoyens. Apparemment, ils sentaient que le défi qu'il présentait était trop
grand pour qu'ils puissent s'y mesurer directement. De ce fait, il ne fut jamais
interviewé à la télévision en direct. Même après que la Cour suprême ait ordonné
à l'autorité de diffusion de ne pas le boycotter, rien ne changea. Inutile de
préciser que ceux qui ne se rangèrent pas à l'avis de la Cour suprême, n'eurent
jamais à rendre des comptes.
De leur point de vue, ils avaient raison de craindre le Rav
Kahana, car plusieurs fois, lorsque des gens le rencontrèrent directement, ils
finirent pas tomber d'accord avec ses arguments et nombre d'entre eux devinrent
ses supporters.
En 1976, le Rav Kahana avait créé le parti politique "Kah" Sous
l’ordre administratif du gouvernement israélien, en 1980, le rav Kahana fut mis
six mois en prison sans lui donner la possibilité de remettre en cause toutes
les accusations portées contre lui ou de présenter des témoins. Les charges
retenues contre lui ne furent pas rendues publiques. Selon certaines rumeurs, il
aurait été accusé d’avoir eu l’intention de perpétrer un acte de sabotage sur le
Mont du Temple. En fait, le Rav Kahana avait provoqué un tollé public en
insistant sur le danger que représentait la croissance de la population arabe en
Israël. Le Rav Kahana était un défenseur des valeurs de la Tora et de
l’intégrité de la nation Juive. Par ailleurs, il affirmait que les Palestiniens
n’avaient jamais existé en tant que peuple et il défiait quiconque de prouver le
contraire ou de donner un exemple dans l’histoire, où des Arabes musulmans
avaient vécu paisiblement aux côtés d’autres populations.
En 1984, le Rav Kahana était parvenu à entrer dans la
11ème Knesset en gagnant un siège. Il s’efforça inlassablement
d’intégrer dans la législation des lois visant à protéger le caractère juif de
l'Etat d'Israël, la sécurité physique des Juifs en Israël et la sécurité de
l'Etat. A la veille des élections de 1988, les sondages annonçaient que le
parti Kah avait de grandes chances de remporter une importante victoire, en
gagnant entre 8 et 13 sièges, ce qui aurait fait de "Kah" le 3ème
plus grand parti politique d'Israël. Peu avant les élections, fait sans
précédent en Israël, violant la démocratie israélienne, la Knesset exclut le
parti du Rav Kahana des élections, empêchant une grande partie de la population
israélienne de voter pour le candidat de son choix, en votant une loi «anti
raciste» excluant les partis racistes de la Knesset.
En 1987, le Rav Kahana fonda la Yeshiva du «Réayon hayéoudi»
(l'idée juive) à Jérusalem, prônant l’enseignement de «l’idée juive authentique»
Le 5 novembre 1990, au terme d’un discours prononcé dans un hôtel
de Manhattan, le Rav Kahana fut assassiné par balles par El Sayid Nosair. Il fut
prouvé que cet Arabe (Américain d’origine égyptienne) avait acheté l’arme du
crime, mais aucun témoin n’ayant vu l’assassin tirer, il fut acquitté et
condamné à payer une amende pour l’acquisition du revolver. Trois ans plus tard,
Nosair sera impliqué dans l’attentat meurtrier contre le centre commercial
mondial de New York, après que de multiples manuels et documents de fabrication
de bombes aient été trouvés dans son appartement dans le New Jersey…
En 1994, à la suite de l’acte commis par Barouh Goldstein, qui
était un défenseur des idées du Rav Kahana, le gouvernement prohiba le parti
Kah, le déclarant organisation terroriste.
Le Rav Méïr Kahana avait quatre enfants, deux garçons et deux
filles. Le 31 décembre 2000, un de ses fils, le Rav Biniamin Zeev Kahana et son
épouse Talya furent assassinés dans un attentat, alors qu’ils roulaient dans
leur voiture avec leurs enfants en direction du village Tapouah, où ils
résidaient.
Je tiens à remercier le Dr Nitsa Kahana, la belle
fille du Rav, qui m'a confié un article qu'elle avait rédigé en hébreu et qui
m'a considérablement aidée à réaliser ce portrait.
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