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Communiqué du FPR du
vendredi 29 juin 2007
Merci au Pape Benoît XVI d'avoir
réhabilité la messe en latin « Motu Proprio » le jeudi 28 juin
2007 !
Le
Président du FPR (Front Progressiste du Renouveau) à partir du début de l'année
1977 jusqu'en 1984 a milité activement pour soutenir la pérennité légitime pour
tout chrétien de cœur...de la messe en latin selon le rite dit tridentin.
Codifié par le Pape Saint Pie V ; que défend alors unguibus et rostre et à juste titre
Monseigneur Lefebvre ; qui en 1970, à la demande de plusieurs
séminaristes français, fonde à Écône (Suisse) la Fraternité Sacerdotale
Saint-Pie X. Les buts de cette fraternité sacerdotale sont « le
sacerdoce et tout ce qui s'y rapporte et rien que ce qui le concerne ».
L'institution est érigée canoniquement par Mgr Charrière, évêque du
diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg en tant que « pieuse
union » pour une durée de 3 ans ad experimentum renouvelables. De son
côté, l'évêque de Sion l'autorise à fonder un séminaire à Ecône.
D'abord
relativement discret dans sa critique du concile Vatican
II, Mgr Lefebvre en vient à
prendre publiquement position. C'est en effet l'époque où les prêtres qui
s'emploient à conserver la Messe traditionnelle se retrouvent dans la nécessité
de choisir, et d'entrer en rupture.
Les
traditionalistes chrétiens s'élèvent avec force contre le rite de la messe
promulguée par le Pape Paul VI -le nouvel Ordo Missae- ! Un Monseigneur Lefebvre
critiquant la tentative d'adaptation de l'Eglise à la modernité, qu'il nomme
compromission ! Alors
que Rome le force précisément à choisir, en lui enjoignant d'adopter le rite de
Paul VI, Mgr Lefebvre publie le 21
novembre 1974 un manifeste résumant ses
positions :
« Nous refusons par
contre et avons toujours refusé de suivre la Rome de tendance néo-moderniste et
néo-protestante qui s'est manifestée clairement dans le concile Vatican II et
après le concile dans toutes les réformes qui en sont issues.
(...)
Aucune autorité, même la
plus élevée dans la hiérarchie, ne peut nous contraindre à abandonner ou à
diminuer notre foi catholique clairement exprimée et professée par le
magistère de
l'Église depuis dix-neuf
siècles. (...)
Cette Réforme étant
issue du libéralisme, du
modernisme, est toute entière
empoisonnée ; elle sort de l'hérésie et aboutit à l'hérésie, même si tous ses
actes ne sont pas formellement hérétiques. Il est donc impossible à tout
catholique conscient et fidèle d'adopter cette Réforme et de s'y soumettre de
quelque manière que ce soit. (...)
C'est pourquoi sans
aucune rébellion, aucune amertume, aucun ressentiment nous poursuivons notre
œuvre de formation sacerdotale sous l'étoile du magistère de toujours, persuadés
que nous ne pouvons rendre un service plus grand à la Sainte Église catholique,
au Souverain Pontife et aux générations futures. »]
En
conséquence, au printemps 1975, l'évêque de Fribourg retire son autorisation à
la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X.
Malgré
cela, Mgr Lefebvre décide de
continuer son action de formation de prêtres, et, en juin 1976, il ordonne 13
prêtres sans lettres dimissoires.
Le
22
juillet 1976, Paul VI frappe Marcel Lefebvre
d'une suspense a
divinis, pour ordinations sans lettres dimissoriales et la
Fraternité est dissoute.
En
réponse, dans une interview au Figaro, Mgr Lefebvre décrit Vatican II
comme « un concile schismatique » et s'interroge publiquement sur la légitimité
de Paul VI. Et le 29 août, Mgr Lefebvre célèbre la « messe de
Lille ».
Malgré
les tensions entre Monseigneur Lefebvre et Rome, les relations ne sont jamais
rompues et nombre de courriers sont échangés afin de trouver une solution
apaisée ; mais le conflit entre Monseigneur Lefebvre et Rome s'exacerbe en 1986
après que le Pape Jean-Paul II organise à Assise une rencontre
interreligieuse...pour atteindre une phase critique après le 30 juin 1988, où
Mgr Lefebvre, assisté de
Mgr Antonio de
Castro-Mayer, sacre évêques Bernard
Fellay, Bernard Tissier de
Mallerais, Richard
Williamson et Alfonso de
Galarreta. Le lendemain, le cardinal
Gantin, préfet de la Congrégation des Evêques, déclare les
quatre nouveaux évêques, ainsi que Mgr Lefebvre et son
co-célébrant, excommuniés latæ
sententiæ au titre des canons 1364-1 et 1382 du
Code de droit
canonique !
Certains
proches de Mgr Lefebvre et de sa Fraternité refusent le terme de schisme en citant le Père Jone
O.M.Cap
qui écrit en 1934 : « Est schismatique celui qui, par principe, ne veut pas être
soumis au pape... mais n'est pas schismatique celui qui refuse simplement
d'obéir au pape, alors même que ce serait pendant longtemps. » Or
Mgr Lefebvre n'a jamais renié
la papauté catholique, comme l'ont fait, par exemple, les schismatiques
orthodoxes (les « Photiens »). Il est seulement question d'une vive discussion
et une désobéissance systématique concernant certains textes du concile Vatican
II et de ses réformes.
Mgr Lefebvre meurt le
25 mars 1991 (fête de l'Annonciation),
laissant derrière lui la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X, implantée dans plus
de cinquante pays sur les cinq continents. Malgré l'acte de rupture posé
formellement en 1988, les relations entre Rome et les fils de
Mgr
Lefebvre se maintiendront jusqu'à nos jours ! C'est dire si
aujourd'hui les chrétiens attachés au vrai christianisme se réjouissent de la
décision opportune du Pape Benoît XVI de réhabiliter la messe en latin
dans ce
qu'elle a de plus légitime : c'est-à-dire « selon le rite de Saint Pie V » !
Personnellement je m'honore d'avoir participé de près à
l'affaire de l'église Saint Nicolas du Chardonnet et
plus
tard : assuré la sécurité de certains déplacements « à
risques » de Monseigneur Lefebvre dans l'hexagone ainsi qu'à
l'étranger !
Même
si je ne partageais pas toujours (« sans rentrer dans les
détails »)...toutes les orientations politiques du prélat...parfois
sujettes à caution ! Dispositions politiques
maladroites de Monseigneur Lefebvre qui aient à mon avis quelque chose à voir
avec le
dégoût, que lui inspirèrent les soi-disant réformes progressistes de Vatican
II ! Lesquelles n'étaient en fait derrière le rideau qu'une
instrumentalisation de l'Eglise catholique, orchestrée
par le
Grand Capital extrême libéral de droite « sans foi ni
loi », venu tout droit d'Outre Atlantique ! A seule fin de nous
concocter auprès des masses laborieuses, la société
de
consommation que nous connaissons aujourd'hui ; porteuse en germe de tous les
irrespects vis-à-vis des grandes religions, de la Création et du
genre humain tout entier où seuls comptent les profits
engrangés sur le dos des travailleurs ; dans le cadre économique
éhonté de l'exploitation effrénée de l'homme par l'homme !
Moi-même, je me suis vu
souvent reprocher d'avoir été en 1984 Secrétaire général du Front National de la
Manche, membre de la Commission consultative de politique étrangère du FN
et
assuré en certains lieux et meetings...la sécurité de Jean-Marie Le
Pen, sous les ordres à l'époque
de
Roger Holeindre ! Ceci étant dit je m'honore également d'avoir
démissionné de toutes mes fonctions
juste après la grande victoire d'alors du FN aux Européennes de 1984 ;
car
n'ayant
pas pu imposer politiquement au FN la sensibilité de
gauche néo-strassérienne que je voulais pour le parti ! Quant à ceux qui aient eu
l'outrecuidance, l'impertinence, la prétention de vouloir donner des leçons de
morale à Monseigneur Lefebvre de son vivant...rappelons un peu le cursus
de feu l'archevêque français de l'Eglise catholique
romaine ! En 1947 nommé évêque et vicaire apostolique de
Dakar :
Pie XII
lui donne la charge de délégué apostolique pour l'Afrique francophone (plus de
40 diocèses) ; avec la mission d'africaniser l'Eglise où pour cela il crée des
séminaires et confie des responsabilités au clergé local ; recherchant
des
religieux africains aptes à devenir évêques ! Un Monseigneur Lefebvre (29
novembre 1905-25 mars 1991) issu d'une famille très catholique dont cinq enfants
sur huit deviennent prêtres ou religieux et dont le père meurt en février 1944
au camp de Sonnenburg où il était interné pour faits de résistance : ce qui lui avait valu
(« rien moins que deux condamnations à mort ») ! Ceux qui « voulant faire trop
l'ange font la bête » ; se sont permis de le traiter : « ainsi que ceux qui le
suivaient dans son combat pour une Eglise morale » : de fasciste, de nazi - j'en
passe et des meilleurs- ! A ces individus tristes sires, je dis mon
mépris : étant plus aptes à ramper comme le serpent qu'à vivre debout !
Quant à
Monseigneur Lefebvre, au vu de ses états de service pour « l'Eglise immuable
primitive chrétienne », on peut dire : Ecce homo (Voilà
l'homme) !
Merci également
au Pape
Benoît
XVI pour avoir souvent critiqué les abus auxquels a donné lieu la
liturgie moderne...ayant pris la place de l'ancienne après le concile Vatican II
(1962-1965) ! Merci à Rome « d'avoir remis un tant soit peu
les
pendules à l'heure » au sein de l'Eglise ! Mais il ne faut pas s'en arrêter
là...en si bon viatique : « du latin viaticum ; de via,
chemin » !
Quant à ceux qui aient eu
l'impudence de traiter la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X de
secte ; de leur en rappeler que ce concept revêt une acception
dévalorisante que la sociologie religieuse juge illégitime ! D'autant plus qu'une
prétendue secte peut perdre très rapidement son statut
minoritaire ! Ainsi en a-t-il été du
christianisme lui-même, qui apparût sous la forme d'une secte
juive parvînt à supplanter le judaïsme (.!.) J.B. "Arnhold" Tropée-Desgué Président
du Front Progressiste du Renouveau Ex-Candidat
à la Présidentielle de 2007 (277 signatures
de Maires)
http://libertedepenser.info/fpr55.php
LETTRE APOSTOLIQUE
EN FORME DE MOTU
PROPRIO
Du Souverain Pontife
BENOÎT XVI
Sur l’usage de la Liturgie romaine antérieure à la
réforme de 1970
Les
Souverains Pontifes ont toujours veillé jusqu’à
nos jours à ce que l’Église du Christ offre à la divine Majesté un culte digne,
« à la louange et à la gloire de son nom » et « pour le bien de toute sa sainte
Église ».
Depuis
des temps immémoriaux et aussi à l’avenir, le principe à observer est que
«chaque Église particulière doit être en accord avec l’Église universelle, non
seulement quant à la doctrine de la foi et aux signes sacramentels, mais aussi
quant aux usages reçus universellement de la tradition apostolique
ininterrompue, qui sont à observer non seulement pour éviter des erreurs, mais
pour transmettre l’intégrité de la foi, parce que la lex orandi de l’Église correspond à sa lex credendi »[1].
Parmi
les Pontifes qui ont eu ce soin se distingue le nom de saint Grégoire le Grand
qui fut attentif à transmettre aux nouveaux peuples de l’Europe tant la foi
catholique que les trésors du culte et de la culture accumulés par les Romains
au cours des siècles précédents. Il ordonna de déterminer et de conserver la
forme de la liturgie sacrée, aussi bien du Sacrifice de la Messe que de
l’Office divin, telle qu’elle était célébrée à Rome. Il encouragea vivement les
moines et les moniales qui, vivant sous la Règle de saint Benoît, firent
partout resplendir par leur vie, en même temps que l’annonce de l’Évangile,
cette très salutaire manière de vivre de la Règle, « à ne rien mettre au-dessus
de l’œuvre de Dieu» (chap. 43). Ainsi, la liturgie selon les coutumes de Rome
féconda non seulement la foi et la piété mais aussi la culture de nombreux
peuples. C’est un fait en tout cas que la liturgie latine de l’Église sous ses
diverses formes, au cours des siècles de l’ère chrétienne, a été un stimulant
pour la vie spirituelle d’innombrables saints et qu’elle a affermi beaucoup de
peuples par la religion et fécondé leur piété.
Au
cours des siècles, beaucoup d’autres Pontifes romains se sont particulièrement
employés à ce que la liturgie accomplisse plus efficacement cette tâche ; parmi
eux se distingue saint Pie V, qui, avec un grand zèle pastoral, suivant l’exhortation
du Concile de Trente, renouvela tout le culte de l’Église, fit éditer des
livres liturgiques corrigés et «réformés selon la volonté des Pères », et les
donna à l’Église latine pour son usage.
Parmi
les livres liturgiques du Rite romain, la première place revient évidemment au
Missel romain, qui se répandit dans la ville de Rome puis, les siècles
suivants, prit peu à peu des formes qui ont des similitudes avec la forme en
vigueur dans les générations récentes.
C’est
le même objectif qu’ont poursuivi les Pontifes romains au cours des siècles
suivants en assurant la mise à jour des rites et des livres liturgiques ou en
les précisant, et ensuite, depuis le début de ce siècle, en entreprenant une
réforme plus générale »[2].
Ainsi firent mes prédécesseurs Clément VIII, Urbain VIII, saint Pie X[3],
Benoît XV et le bienheureux Jean XXIII.
Plus
récemment, le Concile Vatican II exprima le désir que l’observance et le
respect dus au culte divin soient de nouveau réformés et adaptés aux nécessités
de notre temps. Poussé par ce désir, mon prédécesseur le Souverain Pontife Paul
VI approuva en 1970 des livres liturgiques restaurés et partiellement rénovés
de l’Église latine ; ceux-ci, traduits partout dans le monde en de nombreuses
langues modernes, ont été accueillis avec plaisir par les Évêques comme par les
prêtres et les fidèles. Jean-Paul II reconnut la troisième édition type du
Missel romain. Ainsi, les Pontifes romains se sont employés à ce que « cet
édifice liturgique, pour ainsi dire, […] apparaisse de nouveau dans la
splendeur de sa dignité et de son harmonie »[4].
Dans
certaines régions, toutefois, de nombreux fidèles se sont attachés et
continuent à être attachés avec un tel amour et une telle passion aux formes
liturgiques précédentes, qui avaient profondément imprégné leur culture et leur
esprit, que le Souverain Pontife Jean-Paul II, poussé par la sollicitude
pastorale pour ces fidèles, accorda en 1984, par un indult spécial Quattuor abhinc annos de la Congrégation
pour le Culte divin, la faculté d’utiliser le Missel romain publié en 1962 par
Jean XXIII ; puis de nouveau en 1988, par la lettre apostolique Ecclesia Dei en forme de motu proprio,
Jean-Paul II exhorta les Évêques à utiliser largement et généreusement cette
faculté en faveur de tous les fidèles qui en feraient la demande.
Les
prières instantes de ces fidèles ayant déjà été longuement pesées par mon
prédécesseur Jean-Paul II, ayant moi-même entendu les Pères Cardinaux au
consistoire qui s’est tenu le 23 mars 2006, tout bien considéré, après avoir
invoqué l’Esprit Saint et l’aide de Dieu, par la présente Lettre apostolique je
décide ce qui suit :
Art. 1. Le Missel romain promulgué par Paul VI est l’expression
ordinaire de la « lex orandi» de
l’Église catholique de rite latin. Le Missel romain promulgué par S. Pie V et
réédité par le B. Jean XXIII doit être considéré comme l’expression
extraordinaire de la même « lex orandi »
de l’Église et être honoré en raison de son usage vénérable et antique. Ces
deux expressions de la « lex orandi »
de l’Église n’induisent aucune division de la « lex credendi » de l’Église ; ce sont en effet deux mises en œuvre
de l’unique rite romain.
Il
est donc permis de célébrer le Sacrifice de la Messe suivant l’édition type du
Missel romain promulgué par le B. Jean XXIII en 1962 et jamais abrogé, en tant
que forme extraordinaire de la Liturgie de l’Église. Mais les conditions
établies par les documents précédents Quattuor
abhinc annos et Ecclesia Dei pour
l’usage de ce Missel sont remplacées par ce qui suit :
Art. 2. Aux Messes célébrées sans peuple, tout prêtre
catholique de rite latin, qu’il soit séculier ou religieux, peut utiliser le
Missel romain publié en 1962 par le bienheureux Pape Jean XXIII ou le Missel
romain promulgué en 1970 par le Souverain Pontife Paul VI, et cela quel que
soit le jour, sauf le Triduum sacré. Pour célébrer ainsi selon l’un ou l’autre
Missel, le prêtre n’a besoin d’aucune autorisation, ni du Siège apostolique ni
de son Ordinaire.
Art. 3. Si des communautés d’Instituts de vie consacrée et de
Sociétés de vie apostolique de droit pontifical ou de droit diocésain désirent,
pour la célébration conventuelle ou «communautaire », célébrer dans leurs
oratoires propres la Messe selon l’édition du Missel romain promulgué en 1962,
cela leur est permis. Si une communauté particulière ou tout l’Institut ou
Société veut avoir de telles célébrations souvent ou habituellement ou de façon
permanente, cette façon de faire doit être déterminée par les Supérieurs
majeurs selon les règles du droit et les lois et statuts particuliers.
Art. 4. Aux célébrations de la Messe dont il est question
ci-dessus à l’art. 2 peuvent être admis, en observant les règles du droit, des
fidèles qui le demandent spontanément.
Art. 5, § 1. Dans les paroisses où il existe un groupe stable de
fidèles attachés à la tradition liturgique antérieure, le curé accueillera
volontiers leur demande de célébrer la Messe selon le rite du Missel romain
édité en 1962. Il appréciera lui-même ce qui convient pour le bien de ces
fidèles en harmonie avec la sollicitude pastorale de la paroisse, sous le
gouvernement de l’Évêque selon les normes du canon 392, en évitant la discorde
et en favorisant l’unité de toute l’Église.
§ 2. La célébration selon le Missel du bienheureux Jean
XXIII peut avoir lieu les jours ordinaires ; mais les dimanches et les jours de
fêtes, une Messe sous cette forme peut aussi être célébrée.
§ 3. Le curé peut aussi autoriser aux fidèles ou au prêtre
qui le demandent, la célébration sous cette forme extraordinaire dans des cas
particuliers comme des mariages, des obsèques ou des célébrations occasionnelles, par exemple
des pèlerinages.
§ 4. Les prêtres utilisant le Missel du bienheureux Jean
XXIII doivent être idoines et non empêchés par le droit.
§ 5. Dans les églises qui ne sont ni paroissiales ni
conventuelles, il appartient au Recteur de l’église d’autoriser ce qui est
indiqué ci-dessus.
Art. 6. Dans les Messes selon le Missel du B. Jean XXIII
célébrées avec le peuple, les lectures peuvent aussi être proclamées en langue
vernaculaire, utilisant des éditions reconnues par le Siège apostolique.
Art. 7. Si un groupe de fidèles laïcs dont il est question à
l’article 5 § 1 n’obtient pas du curé ce qu’ils lui ont demandé, ils en
informeront l’Évêque diocésain. L’Évêque est instamment prié d’exaucer leur
désir. S’il ne peut pas pourvoir à cette forme de célébration, il en sera
référé à la Commission pontificale Ecclesia
Dei.
Art. 8. L’Évêque qui souhaite pourvoir à une telle demande de
fidèles laïcs, mais qui, pour différentes raisons, en est empêché, peut en
référer à la Commission pontificale Ecclesia
Dei, qui lui fournira conseil et aide.
Art. 9, § 1. De même, le curé, tout bien considéré, peut concéder
l’utilisation du rituel ancien pour l’administration des sacrements du Baptême,
du Mariage, de la Pénitence et de l’Onction des Malades, s’il juge que le bien
des âmes le réclame.
§ 2. Aux Ordinaires est accordée la faculté de célébrer le
sacrement de la Confirmation en utilisant le Pontifical romain ancien, s’il
juge que le bien des âmes le réclame.
§ 3. Tout clerc dans les ordres sacrés a le droit d’utiliser
aussi le Bréviaire romain promulgué par le bienheureux Pape Jean XXIII en 1962.
Art. 10. S’il le juge opportun, l’Ordinaire du lieu a le droit
d’ériger une paroisse personnelle au titre du canon 518, pour les célébrations
selon la forme ancienne du rite romain, ou de nommer soit un recteur soit un
chapelain, en observant les règles du droit.
Art. 11. La Commission pontificale Ecclesia Dei, érigée par le Pape Jean-Paul II en 1988[5],
continue à exercer sa mission.
Cette commission aura la forme, la charge et les normes
que le Pontife romain lui-même voudra lui attribuer.
Art. 12. Cette commission, outre les facultés dont elle jouit
déjà, exercera l’autorité du Saint-Siège, veillant à l’observance et à
l’application de ces dispositions.
Tout ce que j’ai établi par la présente Lettre
apostolique en forme de Motu proprio,
j’ordonne que cela ait une valeur pleine et stable, et soit observé à compter
du 14 septembre de cette année, nonobstant toutes choses contraires.
Donné à Rome, près de Saint-Pierre, le 7 juillet de l’an
du Seigneur 2007, en la troisième année de mon pontificat.
BENEDICTUS Pp. XVI
[1] Présentation générale du Missel romain,
troisième édition, 2002, n. 397.
[2] Jean-Paul II, Lettre ap. Vicesimus quintus annus (4 décembre
1988), n. 3 : AAS 81 (1989), p. 899 ;
La Documentation catholique 86 (1989), pp. 518-519.
[4] , Motu
proprio Abhinc duos annos (23 octobre
1913) : AAS 5 (1913), pp. 449-450 ;
cf. Jean-Paul II, Lettre ap. Vicesimus quintus annus, n. 3 : AAS 81 (1989), p. 899; La Documentation 86 (1989), p. 519.
[5] Cf. Jean-Paul II, Motu proprio Ecclesia Dei adflicta (2 juillet 1988),
n. 6 : AAS 80 (1988), p. 1498: La
Documentation catholique 85 (1988), pp. 788-789.
Lettre
du pape Benoit XVI aux évêques
Chers frères dans
l’Episcopat,
C’est
avec beaucoup de confiance et d’espérance que je remets entre vos mains de
Pasteurs le texte d’une nouvelle Lettre Apostolique « Motu Proprio data », sur l’usage de la liturgie romaine
antérieure à la réforme de 1970. Ce document est le fruit de longues
réflexions, de multiples consultations, et de la prière.
Des
nouvelles et des jugements formulés sans information suffisante, ont suscité
beaucoup de confusion. On trouve des réactions très diverses les unes des
autres, qui vont de l’acceptation joyeuse à une dure opposition, à propos d’un
projet dont le contenu n’était, en réalité, pas connu.
Deux
craintes s’opposaient plus directement à ce document, et je voudrais les examiner
d’un peu plus près dans cette lettre.
En
premier lieu il y a la crainte d’amenuiser ainsi l’Autorité du Concile Vatican
II, et de voir mettre en doute une de ses décisions essentielles – la réforme
liturgique.
Cette
crainte n’est pas fondée. A ce propos, il faut dire avant tout que le Missel,
publié par Paul VI et réédité ensuite à deux reprises par Jean-Paul II, est et
demeure évidemment la Forme
normale – la Forma ordinaria – de la liturgie
Eucharistique. La dernière version du Missale
Romanum, antérieure au Concile, qui a été publiée sous l’autorité du Pape
Jean XXIII en 1962 et qui a été utilisée durant le Concile, pourra en revanche
être utilisée comme Forma extraordinaria
de la Célébration
liturgique. Il n’est pas convenable de parler de ces deux versions du Missel
Romain comme s’il s’agissait de « deux Rites ». Il s’agit plutôt d’un
double usage de l’unique et même Rite.
Quant
à l’usage du Missel de 1962, comme Forma
extraordinaria de la
Liturgie de la
Messe, je voudrais attirer l’attention sur le fait que ce
Missel n’a jamais été juridiquement abrogé, et que par conséquent, en principe,
il est toujours resté autorisé. Lors de l’introduction du nouveau Missel, il
n’a pas semblé nécessaire de publier des normes propres concernant la
possibilité d’utiliser le Missel antérieur. On a probablement supposé que cela
ne concernerait que quelques cas particuliers, que l’on résoudrait localement,
au cas par cas. Mais, par la suite, il s’est vite avéré que beaucoup de
personnes restaient fortement attachées à cet usage du Rite romain, qui leur
était devenu familier depuis l’enfance. Ceci s’est produit avant tout dans les
pays où le mouvement liturgique avait donné à de nombreuses de personnes une
remarquable formation liturgique, ainsi qu’une familiarité profonde et intime
avec la Forme
antérieure de la
Célébration liturgique. Nous savons tous qu’au sein du
mouvement conduit par l’Archevêque Mgr Lefebvre, la fidélité au Missel ancien
est devenue un signe distinctif extérieur ; mais les raisons de la fracture qui
naissait sur ce point étaient à rechercher plus en profondeur. Beaucoup de
personnes qui acceptaient clairement le caractère contraignant du Concile
Vatican II, et qui étaient fidèles au Pape et aux Evêques, désiraient cependant
retrouver également la forme de la sainte Liturgie qui leur était chère ;
cela s’est produit avant tout parce qu’en de nombreux endroits on ne célébrait
pas fidèlement selon les prescriptions du nouveau Missel ; au contraire,
celui-ci finissait par être interprété comme une autorisation, voire même une
obligation de créativité ; cette créativité a souvent porté à des déformations
de la Liturgie
à la limite du supportable. Je parle d’expérience, parce que j’ai vécu moi
aussi cette période, avec toutes ses attentes et ses confusions. Et j’ai
constaté combien les déformations arbitraires de la Liturgie ont profondément
blessé des personnes qui étaient totalement enracinées dans la foi de l’Eglise.
C’est
pour ce motif que le Pape Jean-Paul II s’est vu dans l’obligation de donner,
avec le Motu Proprio « Ecclesia Dei » du 2 juillet
1988, un cadre normatif pour l’usage du Missel de 1962; ce cadre ne contenait
cependant pas de prescriptions détaillées, mais faisait appel de manière plus
générale à la générosité des Evêques envers les « justes
aspirations » des fidèles qui réclamaient cet usage du Rite romain. A
cette époque, le Pape voulait ainsi aider surtout la Fraternité Saint
Pie X à retrouver la pleine unité avec le successeur de Pierre, en cherchant à
guérir une blessure perçue de façon toujours plus douloureuse. Cette
réconciliation n’a malheureusement pas encore réussi; cependant, une série de
communautés a profité avec gratitude des possibilités offertes par ce Motu Proprio. Par contre, en dehors de
ces groupes, pour lesquels manquaient des normes juridiques précises, la
question de l’usage du Missel de 1962 est restée difficile, avant tout parce
que les Evêques craignaient, dans ces situations, que l’on mette en doute
l’autorité du Concile. Aussitôt après le Concile Vatican II, on pouvait
supposer que la demande de l’usage du Missel de 1962 aurait été limitée à la
génération plus âgée, celle qui avait grandi avec lui, mais entretemps il est
apparu clairement que des personnes jeunes découvraient également cette forme
liturgique, se sentaient attirées par elle et y trouvaient une forme de
rencontre avec le mystère de la
Très Sainte Eucharistie qui leur convenait particulièrement.
C’est ainsi qu’est né le besoin d’un règlement juridique plus clair, que l’on
ne pouvait pas prévoir à l’époque du Motu
Proprio de 1988; ces Normes entendent également délivrer les Evêques de la
nécessité de réévaluer sans cesse la façon de répondre aux diverses situations.
En
second lieu, au cours des discussions sur ce Motu Proprio attendu, a été exprimée la crainte qu’une plus large
possibilité d’utiliser le Missel de 1962 puisse porter à des désordres, voire à
des fractures dans les communautés paroissiales. Cette crainte ne me paraît pas
non plus réellement fondée. L’usage de l’ancien Missel présuppose un minimum de
formation liturgique et un accès à la langue latine; ni l’un ni l’autre ne sont
tellement fréquents. De ces éléments préalables concrets découle clairement le
fait que le nouveau Missel restera certainement la Forme ordinaire du Rite
Romain, non seulement en raison des normes juridiques, mais aussi à cause de la
situation réelle dans lesquelles se trouvent les communautés de fidèles.
Il
est vrai que les exagérations ne manquent pas, ni parfois des aspects sociaux
indûment liés à l’attitude de certains fidèles liés à l’ancienne tradition
liturgique latine. Votre charité et votre prudence pastorale serviront de
stimulant et de guide pour perfectionner les choses. D’ailleurs, les deux
Formes d’usage du Rite Romain peuvent s’enrichir réciproquement: dans l’ancien
Missel pourront être et devront être insérés les nouveaux saints, et
quelques-unes des nouvelles préfaces. La Commission « Ecclesia
Dei », en lien avec les diverses entités dédiées à l’usus antiquior, étudiera quelles sont
les possibilités pratiques. Dans la célébration de la Messe selon le Missel de
Paul VI, pourra être manifestée de façon plus forte que cela ne l’a été souvent
fait jusqu’à présent, cette sacralité qui attire de nombreuses personnes vers
le rite ancien. La meilleure garantie pour que le Missel de Paul VI puisse unir
les communautés paroissiales et être aimé de leur part est de célébrer avec
beaucoup de révérence et en conformité avec les prescriptions; c’est ce qui
rend visible la richesse spirituelle et la profondeur théologique de ce Missel.
J’en
arrive ainsi à la raison positive qui est le motif qui me fait actualiser par
ce Motu Proprio celui de 1988. Il
s’agit de parvenir à une réconciliation interne au sein de l’Eglise. En
regardant le passé, les divisions qui ont lacéré le corps du Christ au cours
des siècles, on a continuellement l’impression qu’aux moments critiques où la
division commençait à naître, les responsables de l’Eglise n’ont pas fait
suffisamment pour conserver ou conquérir la réconciliation et l’unité ; on a
l’impression que les omissions dans l’Eglise ont eu leur part de culpabilité
dans le fait que ces divisions aient réussi à se consolider. Ce regard vers le
passé nous impose aujourd’hui une obligation : faire tous les efforts afin que
tous ceux qui désirent réellement l’unité aient la possibilité de rester dans
cette unité ou de la retrouver à nouveau. Il me vient à l’esprit une phrase de
la seconde épître aux Corinthiens, où Saint Paul écrit: « Nous vous avons
parlé en toute liberté, Corinthiens; notre cœur s'est grand ouvert. Vous n'êtes
pas à l'étroit chez nous; c'est dans vos cœurs que vous êtes à l'étroit.
Payez-nous donc de retour ; … ouvrez tout grand votre cœur, vous
aussi ! » (2Co 6,11-13). Paul le dit évidemment dans un autre
contexte, mais son invitation peut et doit aussi nous toucher, précisément sur
ce thème. Ouvrons généreusement notre cœur et laissons entrer tout ce à quoi la
foi elle-même fait place.
Il
n’y a aucune contradiction entre l’une et l’autre édition du Missale Romanum. L’histoire de la
liturgie est faite de croissance et de progrès, jamais de rupture. Ce qui était
sacré pour les générations précédentes reste grand et sacré pour nous, et ne
peut à l’improviste se retrouver totalement interdit, voire considéré comme
néfaste. Il est bon pour nous tous, de conserver les richesses qui ont grandi
dans la foi et dans la prière de l’Eglise, et de leur donner leur juste place.
Evidemment, pour vivre la pleine communion, les prêtres des communautés qui
adhèrent à l’usage ancien ne peuvent pas non plus, par principe, exclure la
célébration selon les nouveaux livres. L’exclusion totale du nouveau rite ne
serait pas cohérente avec la reconnaissance de sa valeur et de sa sainteté.
Pour
conclure, chers Confrères, il me tient à cœur de souligner que ces nouvelles
normes ne diminuent aucunement votre autorité et votre responsabilité, ni sur
la liturgie, ni sur la pastorale de vos fidèles. Chaque Evêque est en effet le
« modérateur » de la liturgie dans son propre diocèse (cf. Sacrosanctum Concilium, n. 22 :
« Sacrae liturgiae moderatio ab Ecclesiae auctoritate unice pendet :
quae quidem est apud Apostolicam Sedem et, ad normam iuris, apud
Episcopum »).
Rien
n’est donc retiré à l’autorité de l’Evêque dont le rôle demeurera de toute
façon celui de veiller à ce que tout se passe dans la paix et la sérénité. Si
quelque problème devait surgir et que le curé ne puisse pas le résoudre,
l’Ordinaire local pourra toujours intervenir, en pleine harmonie cependant avec
ce qu’établissent les nouvelles normes du Motu
Proprio.
Je
vous invite en outre, chers Confrères, à bien vouloir écrire au Saint-Siège un
compte-rendu de vos expériences, trois ans après l’entrée en vigueur de ce Motu Proprio. Si de sérieuses
difficultés étaient vraiment apparues, on pourrait alors chercher des voies
pour y porter remède.
Chers
Frères, c’est en esprit de reconnaissance et de confiance que je confie à votre
cœur de Pasteurs ces pages et les normes du Motu
Proprio. Souvenons-nous toujours des paroles de l’Apôtre Paul, adressées aux
prêtres d’Ephèse : « Soyez attentifs à vous-mêmes, et à tout le
troupeau dont l'Esprit-Saint vous a établis gardiens, pour paître l'Eglise de
Dieu, qu'il s'est acquise par le sang de son propre Fils » (Ac
20,28).
Je
confie à la puissante intercession de Marie, Mère de l’Eglise, ces nouvelles
normes, et j’accorde de tout mon cœur ma Bénédiction Apostolique à vous, chers
Confrères, aux curés de vos diocèses, et à tous les prêtres vos collaborateurs
ainsi qu’à tous vos fidèles.
Fait
auprès de Saint-Pierre, le 7 juillet 2007.
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